Fiche de révision · Géographie · Terminale

Mers et océans : au cœur de la mondialisation

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Mers et océans : au cœur de la mondialisation

1- Mers et océans entre liberté de circulation et volonté d'appropriation

A) Maritimisation des économies et liberté de circulation

  • La mondialisation repose sur la multiplication des flux de marchandises, capitaux, hommes et informations, entraînant une hiérarchisation des territoires.
  • Les mers et océans sont des vecteurs essentiels de la mondialisation, notamment par leur rôle d'espace circulatoire.
  • Les flux de marchandises sont massifs et se concentrent sur des routes maritimes reliant les façades maritimes des pôles économiques mondiaux.
  • Ces routes empruntent majoritairement la haute mer, mais sont contraintes par la géographie des continents à passer par des points de passage stratégiques (détroits et canaux interocéaniques).
  • Les mers et océans sont des espaces de libre circulation, principe fondamental sur lequel repose la mondialisation.
    • Route maritime : itinéraire suivi de manière régulière par les navires de commerce.
    • Haute mer : eaux internationales n'étant sous l'autorité directe d'aucun État, où le principe de liberté maritime s'applique pleinement. Représente 55% de la surface océanique.
    • Liberté de circulation : principe majeur du droit de la mer établissant le droit de naviguer et de commercer pour tout navire dans le monde.
  • Toute entrave sur une route maritime ou un point de passage stratégique remet en cause son fonctionnement et a des impacts économiques considérables.
  • Le contrôle des mers et océans est également un enjeu politique et un moyen pour les États de s'affirmer comme puissance.

B) Un usage des océans régulé par le droit international

  • La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (Montego Bay) établit la liberté de circulation en dehors des eaux territoriales, affirmant que les océans n'appartiennent à personne et sont ouverts à tous.
    • Convention de Montego Bay : Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, signée en 1982 et entrée en vigueur en 1994, qui réglemente le statut des espaces maritimes et la navigation. 168 États y adhèrent en 2020. Les États-Unis ne l'ont pas signée.
  • Cette convention instaure des limites d'exploitation pour chaque État.
    • Eaux territoriales : espace maritime côtier sur lequel s'exerce la souveraineté totale d'un État, assimilé à une extension de son territoire terrestre (jusqu'à 12 milles marins).
      • Mille marin : unité de mesure équivalente à 1,852 km.
    • Zone contiguë : espace maritime s'étendant de 12 à 24 milles marins des côtes, où l'État côtier peut prévenir et réprimer les infractions douanières, sanitaires ou migratoires.
    • ZEE (Zone économique exclusive) : espace maritime s'étendant jusqu'à 200 milles marins (370 km) du littoral, où l'État côtier exerce sa souveraineté économique (exploitation des ressources, construction d'îles artificielles, contrôle de l'espace aérien). Les autres États conservent la liberté de navigation, de survol et de pose de câbles. Les ZEE symbolisent l'appropriation des mers par les États.
  • L'extension de la ZEE est possible si le plateau continental naturel de l'État côtier se prolonge au-delà des 200 milles marins.
    • Plateau continental : plateau sous-marin situé entre les côtes et les grands fonds marins.
    • Plateau continental étendu : notion juridique permettant l'extension de la ZEE jusqu'à 350 milles marins en fonction de la présence d'un plateau continental.
      • Exemple : En 2015, la France a agrandi son emprise maritime de 579 000 km² (Antilles, Nouvelle-Calédonie).
  • Il existe de fortes disparités entre les États en termes de taille de ZEE (ex: États-Unis, France possèdent d'immenses ZEE grâce à leurs littoraux et îles ; certains États sont enclavés).
  • La haute mer (55% de la surface océanique) échappe à l'appropriation des États mais n'est pas une zone de non-droit (interdiction de la pêche d'espèces protégées, obligation d'immatriculation et d'application du droit de l'État d'enregistrement pour les navires).
  • La Convention de Montego Bay ne résout pas le paradoxe entre la liberté de circulation voulue par les puissances maritimes et la volonté des États riverains de bénéficier des ressources.

C) Enjeux d'appropriation et rivalités de puissance

  • Les ZEE et leur potentiel d'extension sont sources de différends et de conflits entre États voisins, notamment lors de délimitations complexes ou de partage de ressources.
  • Certains États cherchent à étendre leur souveraineté en ne respectant pas toujours les règles internationales ou en tolérant l'intrusion d'activités étrangères (ex: pêche illégale).
  • La maîtrise et la surveillance des mers et océans par les États les plus impliqués dans la mondialisation (grandes puissances maritimes) sont devenues des enjeux de puissance. Ce phénomène est appelé territorialisation des espaces maritimes.
    • Puissance : capacité d'un État à s'imposer aux autres par ses moyens politiques, économiques et financiers.
    • Puissance maritime : capacité d'un État à agir sur les espaces maritimes, en tirer profit et en assurer la défense. Elle repose sur une flotte, des bases navales, le contrôle des routes maritimes, l'exploitation et la protection des ressources.
    • Territorialisation des espaces maritimes : appropriation économique et/ou politique de certains espaces maritimes par les États.
  • La compétition pour la domination des mers et océans est visible dans les zones de tensions mondiales (Golfe arabo-persique, mers de Chine orientale et méridionale) et aux points de passage stratégiques (détroits et canaux).
    • Les détroits commandant les routes majeures du commerce (Ormuz, Bab-el-Mandeb, Malacca) sont militarisés. Le détroit d'Ormuz est sous la menace d'une fermeture iranienne.
    • Gibraltar, les détroits turcs, Suez et Panama sont également très surveillés.
  • La rivalité sino-américaine s'exprime dans les espaces maritimes de la "route maritime de la soie" (Océan Indien, Mer de Chine méridionale). Les États-Unis se positionnent comme garants de la liberté de navigation dans la région indo-pacifique, devenue prioritaire pour le déploiement de leur flotte en 2010.

Il- Une valorisation croissance des mers et océans

  • Valorisation : donner une plus grande valeur à quelque chose, mettre en valeur pour obtenir une plus grande rentabilité ou une plus grande efficacité.

A) La valorisation des ressources halieutiques

  • Augmentation des captures :
    • 79 millions de tonnes en 2020, soit 4 fois plus qu'en 1950.
  • Sécurité alimentaire :
    • Jusqu'à 50% des protéines animales consommées dans les pays en développement.
  • Commerce mondialisé :
    • 2/3 des exportations des pays en développement à destination des pays développés (Europe, Amérique du Nord, Japon).
    • La Chine : premier producteur et exportateur mondial, mais importations croissantes pour sa demande intérieure.

B) La valorisation des ressources énergétiques

  • Enjeux énergétiques :
    • Production d'hydrocarbures off-shore : 30% de l'approvisionnement énergétique mondial.
    • Découverte de nouveaux gisements.

C) De nouvelles ressources à valoriser

  • Exploitation minière des fonds marins :
    • Présence de minerais (nickel, cuivre, terres rares).
    • Exploitation dans les ZEE par certains pays.
    • Pour les eaux internationales : seule l'Autorité Internationale des Fonds Marins peut accorder des permis d'exploitation.
  • Ressources génétiques marines :
    • Convoitées pour la fabrication de produits agroalimentaires et pharmaceutiques futurs.
    • Exemple : Pharmamar (Espagne) utilise ces ressources pour des produits pharmaceutiques.
  • Développement des EMR (Énergies Maritimes Renouvelables) :
    • Technologie produisant de l'électricité à partir du milieu marin (vents, courants, etc.).
    • Potentiel : 5 fois la consommation électrique mondiale actuelle.
    • Production actuelle : 0.03% de l'énergie mondiale.
    • Enjeux énormes.
    • Exemple : Royaume-Uni vise à produire un tiers de son électricité par éolien off-shore en 2030.

III. Mers et Océans, des espaces à protéger

A) La valorisation croissante des océans menace l'intégrité environnementale de ces espaces

  • Surpêche :
    • Diminution des ressources halieutiques.
    • Part des espèces surexploitées : 10% en 1974 → 33% en 2015 (FAO).
    • Part des espèces exploitées à la limite de renouvellement : 50% → 60%.
    • Exemples d'espèces menacées : thon rouge, saumon sauvage (listées par l'UICN).
    • Pratiques dommageables : chalutage des grands fonds, chasse des baleines et requins (déséquilibre des chaînes alimentaires).
    • 40% des océans concernés par une exploitation non durable.
  • Pollution marine :
    • 80% d'origine terrestre (pesticides, déchets non traités).
    • Exemple : "Great Pacific Garbage Patch" (1800 milliards de morceaux de plastique, 3 fois la taille de la France).
  • Exploitation off-shore et transport maritime :
    • Effets négatifs : marées noires, rejets d'hydrocarbures, dégazages.
  • Surfréquentation touristique :
    • Perturbation des milieux marins.
  • Impacts sur les écosystèmes marins :
    • Acidification des océans.
    • Perte de biodiversité.
    • Ingestion de microparticules de plastique par les organismes marins.

B) Valorisation des océans et changement global

  • Rôle des océans dans la régulation climatique :
    • Absorption de 26% du CO2 atmosphérique.
    • Contribution à l'acidification des océans.
    • Risque de réduction de cette capacité d'absorption face à l'augmentation du CO2, accentuant le réchauffement climatique.
  • Effets du changement climatique global sur les océans :
    • Facilitation de passages maritimes en Arctique.
    • Hausse du niveau des mers : menace pour les villes littorales et 280 millions d'habitants (selon le GIEC).
    • Perturbation des équilibres biologiques marins.
    • Accentuation d'événements extrêmes (cyclones).

C) Une mobilisation internationale pour la protection des océans qui ne fait pas consensus

  • Mobilisation des ONG :
    • Sea Shepherd : lutte contre la pêche illégale dans les ZEE (ex: Bénin, 2019).
    • Bloom : critique de techniques de pêche (chalutage de fond, pêche électrique).
    • Greenpeace : opposition à l'exploration pétrolière (ex: Brésil, 2020).
  • Création d'aires marines protégées (AMP) :
    • Objectif : développement plus durable des océans.
    • Réalité : 4.8% de la surface totale des océans couverts par des AMP.
    • Objectif de la Convention sur la Diversité Biologique (1992) : 10% d'ici 2020 (seulement 3% réellement protégés).
    • Recommandation du WWF : préservation d'un tiers des océans.
  • Économie bleue :
    • Définition : meilleure utilisation des espaces maritimes conciliant développement économique et protection.
    • Première conférence internationale : Kenya, 2018.
  • COP25 (2019) :
    • Rappel du rôle des océans dans la régulation climatique. Slogan : "Time for Action".
  • Protection de la haute mer :
    • Négociations à l'ONU depuis 2018 pour un instrument juridique contraignant.
    • Désaccord sur le principe d'héritage commun de l'humanité pour la haute mer :
      • Soutenu par le G77 (134 pays en développement).
      • Refusé par les grandes puissances maritimes (USA, Canada, Russie) pour des raisons stratégiques et économiques.
  • Mondialisation et océans :
    • Les océans sont au cœur de la mondialisation.
    • La liberté de circulation est un principe clé pour les échanges maritimes.
  • Convention de Montego Bay (1982) :
    • Cadre juridique international sur l'utilisation des océans.
    • Malgré la convention, des conflits persistent pour la maîtrise des océans.

Index de révision

Définitions

  • Mondialisation → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Route maritime → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Haute mer → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Liberté de circulation → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Convention de Montego Bay → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Eaux territoriales → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Mille marin → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • ZEE → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Plateau continental → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Plateau continental étendu → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Puissance → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Puissance maritime → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Territorialisation des espaces maritimes → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Valorisation → Il- Une valorisation croissance des mers et océans
  • EMR → Il- Une valorisation croissance des mers et océans

Personnages

  • Convention de Montego Bay → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Convention des Nations Unies → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Montego Bay → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • ZEE → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • La Convention de Montego Bay → Mers et océans : au cœur de la mondialisation
  • Il- Une → Il- Une valorisation croissance des mers et océans
  • La Chine → Il- Une valorisation croissance des mers et océans
  • Autorité Internationale des Fonds Marins → Il- Une valorisation croissance des mers et océans
  • EMR → Il- Une valorisation croissance des mers et océans
  • UICN → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • GIEC → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • ONU → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • Sea Shepherd → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • ONG → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • Diversité Biologique → III. Mers et Océans, des espaces à protéger
  • COP → III. Mers et Océans, des espaces à protéger